Des infos déprimantes et une question

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Mur peint « Réalité, sortie de secours », de Marc-Antoine Mathieu, rue de Beaulieu à Angoulême

Il y a quelques jours, j’ai vu passer, comme tout le monde ou presque, l’information selon laquelle « un tiers des oiseaux a disparu dans les campagnes françaises en 15 ans » . Cette disparition découle directement d’une autre : celles des insectes (dont j’avais parlé ici, souvenez-vous des pare-brise bien trop propres). Effectivement, en 30 ans, 80 % des insectes volants ont disparu. Cette infographie du Télégramme sur la situation en Bretagne résume assez bien la situation.

L’accumulation d’informations inquiétantes dans lesquelles nous baignons quotidiennement, au lieu de nous mobiliser, finirait par développer chez chacun d’entre nous un très fort sentiment d’impuissance.

Je n’ai pas lu tout de suite l’information concernant les oiseaux. C’était en quelque sorte  l’info alarmante de trop pour moi ce jour-là. De même que je suis partie avant la fin de la conférence des docteurs Pierre-Michel Périnaud, Joseph Mazé, Louis-Adrien Delarue, sur les conséquences de la contamination de l’air et de l’eau par les produits phytosanitaires. La salle du théâtre Jean-Ferrat de Ruelle ce 17 mars au soir était loin d’être comble. Dans une salle à côté, des gens participaient dans la bonne humeur à un loto. Un peu plus loin encore, un match se jouait dans une ambiance survoltée. Le travail d’alerte de ces médecins est essentiel, mais avouons-le, les informations qu’ils partagent sont puissamment déprimantes.

Lymphome non hodgkinien, cancer de la prostate, myélome multiple, maladie de Parkinson, leucémies, Alzheimer, troubles cognitifs et de la fertilité. La liste des maladies qui peuvent toucher les agriculteurs et les manipulateurs réguliers de pesticides est alarmante. Et dans la mesure où nous partageons tous le même air, que nous buvons tous la même eau et que ce que nous mangeons est issu de la même terre, nous pouvons tous partager la même anxiété quant à notre avenir.

Au début du mois de mars, j’étais aussi à un événement rassemblant des viticultrices charentaises. Lorsque l’une d’entre elles m’a demandé quel sujet m’intéressait plus particulièrement dans l’univers du cognac, je lui ai répondu que c’était sans aucun doute les problématiques environnementales (et notamment le travail enthousiasmant des scientifiques qui refusent le fatalisme ambiant et planchent jour après jour sur des solutions). La viticultrice n’a pas rebondi sur cette réponse et la conversation s’est arrêtée là. La préservation de l’environnement en viticulture est-elle un sujet définitivement tabou ? Celles et ceux qui utilisent des produits accusés de tous les maux seraient-ils eux aussi frappés par un sentiment d’impuissance sclérosant ?

Comment, face à tous ces paramètres, informer au mieux sur les problématiques environnementales dans le cognaçais, je n’ai pas à ce jour de réponse satisfaisante. Mais peut-être que vous, viticulteurs ou non, en avez de votre côté ?

 

 

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