Susciter des vocations dans le vignoble

viticampus
Yves Jean, président de l’Université de Poitiers, Corinne Reulet, proviseur des lycées agricoles de Saintonge, Eric Depaye, DRH de la maison Hennessy, Philippe Taillecours, directeur du campus agricole de la Charente, et Pascal Davy, de l’IREO de Cherves-Richemont

Il y a quatre ans, une convention était signée entre la maison Hennessy et les filières publiques et privées de l’enseignement viticole de la région, pour « promouvoir les formations aux métiers de la viticulture ». Baptisée « Viticampus », cette opération a été reconduite la semaine dernière.

« Ce partenariat est né d’un constat de nos partenaires viticulteurs, qui nous disaient : « On a beaucoup de mal à trouver des successeurs et des salariés compétents » », indique Arnaud Camus, responsable de la communication viticole de la maison. Hennessy a donc souhaité faire le lien entre les étudiants et les viticulteurs, et se positionner comme « facilitateur », au travers d’actions concrètes : journées portes ouvertes entre la maison et les établissements partenaires, offres de stage, interventions de collaborateurs auprès des élèves sur des sujets variés, et attribution de bourses d’études.

Le besoin était évident, dans la mesure où la moitié des producteurs de cognac partira en retraite dans les cinq à dix ans. La filière cognac doit aussi faire face au manque d’intérêt pour les formations à la viticulture, alors que « contrairement à beaucoup de filières agricoles, celle du cognac se porte bien », constate Corinne Reulet, proviseur des lycées agricoles de Saintonge. « Le défi du renouvellement des générations se joue maintenant, souligne Eric Depaye, directeur des ressources humaines de la maison Hennessy. Ce sont des sujets sur lesquels nous travaillons depuis plus de dix ans, notamment cette capacité à rendre les jeunes employables. L’apprenti est d’ailleurs un élément incontournable de notre politique de recrutement. Sur les cinq dernières années, nous avons recruté 250 apprentis. »

La convention signée la semaine dernière a donc permis de renouveler un partenariat avec le lycée agro-viticole du Renaudin de Jonzac, l’Institut rural d’éducation et d’orientation (IREO) de Cherves-Richemont et le Campus agricole de la Charente Oisellerie-Barbezieux, mais également de l’étendre à l’Université de Poitiers, et son master 2 en droit gestion et commerce des spiritueux de l’université des eaux-de-vie de Segonzac.

« Nous voulons montrer aux jeunes que la filière cognac offre des perspectives, et qu’elle fait partie de l’univers du luxe, note Arnaud Camus. Les formations sont certes ancrées au pied de la vigne, mais elles ouvrent sur l’international. Et ces débouchés à l’international font rêver. » En cinq ans, la maison de négoce a reçu 600 élèves, et attribué pour 40 000 euros de bourses d’études.

Pascal Davy, représentant l’IREO de Cherves-Richemont, confirme de son côté que « certains jeunes ne voient dans la viticulture que le travail manuel dans les vignes, et ils ne perçoivent pas suffisamment les perspectives au-delà. Il est vrai que le travail dans les vignes reste très important, mais il n’y a pas que ça. Il n’y a qu’à conduire les tracteurs d’aujourd’hui, avec électronique embarquée, pour s’en rendre compte. L’image paysanne archaïque n’est plus d’actualité. »

 

 

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