Des pare-brise trop propres

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Il y a quelques semaines se tenait à La Bourboule le troisième Climate Bootcamp, une formation « intensive et ludique » sur la préservation de l’environnement à destination des journalistes, initiée par Fanny Agostini, la nouvelle présentatrice de Thalassa. Sur place, l’un de ces journalistes avouait apprendre beaucoup de choses « anxiogènes ». « C’est effrayant. Soit on est tous condamnés, soit on décide rapidement de faire quelque chose », résumait-il. Un autre confiait ses interrogations sur la stratégie à adopter en tant que professionnel : diffuser ces informations sur l’environnement sans filtre et inquiéter un peu plus un grand public déjà miné par le sentiment d’impuissance, ou adopter un ton optimiste et risquer l’indifférence.

Il faut dire que les nouvelles alarmantes se multiplient. Et pour enfoncer le clou, hier, 15 000 scientifiques de 184 pays ont lancé un appel solennel concernant l’état de la planète. Ils y rappellent qu’il y a 25 ans déjà, des scientifiques signaient le « World Scientists’ Warning to Humanity » et « exhortaient l’humanité à freiner la destruction de l’environnement ». En 2017, ils s’alarment d’une situation qui n’a fait qu’empirer, et livrent une série de treize mesures à mettre en place urgemment.

Parmi ces informations préoccupantes, le documentaire de Xavier de Lestrade et Sylvie Gilman, « Demain, tous crétins ? », sur le rôle délétère des perturbateurs endocriniens sur la thyroïde, et sur le cerveau des fœtus (Une première parade serait, pour les femmes, de vérifier, avant une grossesse, leur taux d’iode). Sans surprise, on retrouve ces perturbateurs endocriniens dans les produits phytosanitaires. À noter qu’à la minute 51:10, la vigne y est évoquée, par la députée européenne Michèle Rivasi.

Dans « Le round up face à ses juges », les effets catastrophiques du glyphosate sont passés à la loupe, et on y découvre que les plus pauvres sont les premières victimes de cet herbicide le plus vendu au monde. Rappelons que la France utilise plus de 8 000 tonnes de glyphosate par an.

Et puis, cette étude, allemande, qui constate que près de 80 % des insectes ont disparu en moins de 30 ans en Europe. Je vous recommande à ce sujet l’interview d’un scientifique travaillant dans le sud des Deux-Sèvres, et qui fait écho à cet article sur les araignées. On a pu lire aussi, pour illustrer la disparition massive de ces insectes, ce fait concret : il y a trente ans, quand on parcourait une longue distance en voiture, des insectes venaient s’écraser par dizaines sur nos pare-brise. Plus besoin aujourd’hui de les nettoyer en cours de route : ils restent étonnamment propres.

 

2 réflexions sur “Des pare-brise trop propres

  1. Les pare brise comme indicateurs de la dégradation de l’environnement, je n’y aurais pas pensé.
    Pourtant, vieux conducteur, je ne peux que me rappeler la nécessité, jadis, de retirer de nombreux cadavres d’insectes. Et c’est un fait qu’aujourd’hui les pare brise sont surtout salis par les résidus de pot d’échappement.

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