Du neuf avec du vieux

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Un exemplaire de Elle, août 2017

Pas de vacances pour le cognac qui se sera, cet été encore, rappelé au bon souvenir des estivants dans la presse. En août, le magazine Elle annonçait « le retour des apéros de papy » (à grand renfort, comme à son habitude, d’anglicismes qui piquent les yeux). Faisant la liste de ces « chics drinks », l’article recommandait de trinquer « vintage », pour « twister » son apéro. Proposant un mélange très à la mode à l’heure actuelle : allonger son cognac avec du ginger beer (une boisson gazeuse sucrée et non alcoolisée à base de gingembre). Et pour « pimper » (ma modeste contribution au style Elle) la boisson ainsi obtenue, le magazine suggérait d’ajouter un rameau de romarin piqué sur une tranche de citron. Tchin.

« Ils étaient ringards, ils redeviennent cool », estimait de son côté Biba à propos des alcools « vintage ». De la Suze, du porto, du Lillet, du gin, du « cidre nouveau » dans la liste de ces nouveaux alcools branchés, mais point de cognac ! Ou alors indirectement, puisque le gin Carmen présenté par Biba est quand même distillé… à Cognac. Ouf.

On remarquera donc l’absence, dans ces deux articles, de la vodka et du rhum, base alcoolisée incolore par excellence des cocktails en tout genre. Serait-ce le début de la revanche des alcools bruns à l’apéritif, comme le suggère, en page 56, le dernier numéro du magazine de Gilbert et Gaillard ? (Les plus attentifs d’entre vous noteront que l’article a été écrit par mes soins).

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Une brique d’aguardiente Nectar colombienne

Pas un mot non plus dans Elle et Biba sur un alcool colombien au contenant pourtant original : l’aguardiente, « eau ardente » en espagnol, une liqueur anisée à base de canne à sucre vendue dans une brique cartonnée. Moins lourde et encombrante que le verre, elle permettrait notamment d’éviter que des soirées trop alcoolisées ne dégénèrent à coup de tessons. Si des connaisseurs de la Colombie passent par ici, qu’ils n’hésitent pas à apporter d’autres explications à ce packaging peu fréquent, je ne doute pas qu’il y en ait de plus satisfaisantes. Cette découverte m’a en tout cas menée à une autre : le designer allemand Jörn Beyer avait déjà revisité la brique version alcoolisée en 2011. Étonnant, non ?

2 réflexions sur “Du neuf avec du vieux

  1. Une recherche sur Google met en avant l’ »avantage » de l’emballage carton pour une introduction d’alcool dans des lieux où c’est interdit (festivals entre autres.)
    Mais je ne pense pas que ce soit la cible des distributeurs de l’aguardiente …
    On trouve aussi de l’alcool (du whisky ?) en brique carton au Japon.

    Aimé par 1 personne

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