Deux mille dix sept

dsc07129nico
Quelques gorgées de cognac pour une séance de dégustation

Cela fait finalement peu de temps que j’écris quasi exclusivement des articles sur le cognac, et je connais somme toute assez mal cette filière. C’est pourtant pour moi le meilleur des moteurs : cette perspective, avant d’aborder un sujet, de tout ce que je vais avoir l’opportunité d’apprendre.

Je n’avais, avant de faire du cognac mon principal sujet d’écriture, pas le moindre contact dans ce milieu. Je découvre petit à petit les codes implicites qui le régissent, les non-dits, voire les chausse-trappes. Bien souvent, lorsque j’explique être journaliste « spécialisée dans le cognac », on s’imagine que je suis une sorte d’experte en dégustation. Alors que ce n’est évidemment pas le cas. Il faut alors expliquer que « le cognac » ne se limite pas au produit fini que l’on retrouve sur une table à l’heure de l’apéritif. Il y a, derrière ce spiritueux séculaire, toute une économie, qui a pesé en 2016, on le répète souvent tant le chiffre est colossal, pas moins de 2,6 milliards d’euros. Des milliers de personnes,  on le souligne aussi régulièrement, vivent du cognac. Des producteurs et des négociants bien sûr, mais également des pépiniéristes, des machinistes, des tonneliers, des verriers, et beaucoup d’autres encore.

En ce début d’année, je repense aux personnes dont la passion pour ce spiritueux m’a tant frappé en interview. L’humilité de cette viticultrice m’expliquant qu’elle n’oublie jamais qu’elle travaille pour la génération suivante, que certaines eaux-de-vie pour lesquelles elle fait des choix aujourd’hui seront dégustées quand elle ne sera plus là. Sa responsabilité, immense, de préparer l’avenir pour ceux qui prendront sa suite. Ce viticulteur qui a parfois ressenti comme un poids ce que ses parents lui ont transmis : des vignes plantées là et qui n’en bougeront jamais, et ce devoir, mâtiné de fierté, de poursuivre le travail entamé par les générations précédentes. Ce maître de chai, marqué très jeune par la passion de son père lorrain pour le cognac, qui voyait ceux qui assemblent les eaux-de-vie comme des sortes de druides. Et les souvenirs de ce viticulteur à la retraite, qui se revoyait à dix ans avec son père, passer avec bonheur des nuits de veille dans la distillerie, les lits rustiques, les craquements du bois qui se consume dans le foyer, les odeurs caractéristiques qu’exhale l’alambic.

Puisse 2017 me permettre d’en rencontrer beaucoup d’autres.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s