Du sable immaculé, toujours plus de vodka, et un millier de lettres

 

img_0019
« Par nature » par Vincent Lamouroux

img_0015
César Giron, PDG de Martell

Du sable, beaucoup de sable, du bois pour cheminer sur cet îlot, et des plantes exotiques, le tout blanchi à la chaux, c’est la première œuvre exposée à la fondation Martell, au sein de l’immeuble Gâtebourse à Cognac. Elle a été imaginée par l’artiste contemporain Vincent Lamouroux, et a été inaugurée jeudi dernier en présence de César Giron, PDG de la maison Martell.

« 157 millions de litres de cognac, contre 161 millions de litres de vodka. Désormais, celui que l’on surnomme l’alcool des dieux est doublé dans le département [de la Charente] par la production de vodka et de gin », explique-t-on dans un reportage diffusé hier soir dans le journal télévisé du soir sur France 3. [Une information contredite depuis par Sud Ouest] Le monde du cognac s’en émeut-il réellement ? Cela donne en tout cas l’occasion à Jean-Louis Brillet, producteur du spiritueux charentais depuis dix générations, de rappeler que « chacun a sa place, ce qu’il faut c’est se respecter ».

Le Monde revient sur la tentation des métiers manuels pour les jeunes diplômés, qui n’ont « plus envie de s’épuiser (burn-out), de s’ennuyer (bore out) ou de faire un travail inutile (bullshit jobs) ». (La lecture de cet article permet d’ailleurs de découvrir un nouveau concept sur le mal-être au travail : le brown out). Bonne nouvelle, on apprend que travailler dans l’univers de la vigne ou de la distillation fait partie, pour ces jeunes, des métiers qui ont du sens.

On parle beaucoup ces derniers jours de la publication, par Gallimard, des lettres écrites par François Mitterrand à Anne Pingeot, à partir de 1962. Cette abondante correspondance regorge de références à la Charente natale de l’ancien président. A celle qu’il aime « comme un cep de vigne aime la terre » (4/07/1964), il écrit : « Je te montrerai, marquées par les lieux, les premières étapes de ma vie. La maison ; le fleuve (l’un et l’autre endormis). La petite ville blanche. La vallée ; les coteaux ; le ciel perlé ; les toits de tuile ocrés. Ce n’est pas mon pays : je n’y éprouve que des impressions collées par les années de mon enfance. Il n’exprime pas mon enfance. C’est à Touvent [une maison non loin d’Aubeterre-sur-Dronne (16)] que gît celle-ci. Là tu respireras la chaleur des blés coupés, la menthe du soir, l’air qui court, les tilleuls et les lauriers. » (20/07/1964)

François Mitterrand évoque avec tout autant de poésie la Charente-Maritime : « La nuit tombée nous avons fait un détour en Saintonge pour dîner chez l’un de mes frères qui vit parmi les vignes sur les bords de la Charente, dans une typique propriété : hauts murs qui ferment la vie de chacun aux regards du monde extérieur, grand portail en plein cintre, au bois clouté, maison tournée vers le fleuve endormi. […] tandis que la voiture s’éloignait de la vallée de mon enfance, de ses brumes moites, des peupliers, des saules et des aulnes dont je perçois encore le bruissement quand se lève, à l’ouest, la colère de l’océan. » (23/03/1964). Il écrira ainsi à Anne Pingeot jusqu’en 1995.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s