Cité du vin, rien que du vin

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La Cité du vin de Bordeaux, le 18 mai 2016

La Cité du vin de Bordeaux ouvre ses portes au public aujourd’hui. Le bâtiment imaginé par Anouk Legendre et Nicolas Desmazières, de l’agence XTU, se dresse à l’entrée du quartier de Bacalan. Les architectes assurent qu’il n’évoque rien en particulier, et que chacun est libre de son interprétation : un cep de vigne, une carafe à décanter, ou peut-être aussi plus simplement le mouvement du vin dans un verre avant dégustation… En tout cas pas celui d’une rasade de cognac dans un verre tulipe, puisque nulle trace de l’eau-de-vie charentaise (issue, rappelons-le, d’un vin blanc distillé) dans les 3 000 m² du parcours permanent de ce nouvel emblème de l’œnotourisme.

Pour quelles raisons ? Laurence Chesneau-Dupin, conservateur du patrimoine et directrice culturelle à la Cité du vin revient sur ce choix. « Avec ma sensibilité, et ma proximité avec le vignoble cognaçais [Laurence Chesneau-Dupin a été directrice des musées de Cognac à partir de 2001, avant de quitter la ville en 2009 pour rejoindre le projet bordelais], intégrer le cognac au parcours permanent était à mon sens tout à fait envisageable au départ, mais nous nous sommes rapidement rendu compte qu’il aurait alors fallu intégrer toutes les autres eaux-de-vie de vin, dont l’armagnac bien sûr. Il y a eu des discussions au sein du comité scientifique. Il s’est avéré que le parcours était déjà extrêmement riche, et que cela aurait été déraisonnable. En terme d’espace et de durée de visite, intégrer les eaux-de-vie de vin aurait été au détriment d’autres vins. Il a donc fallu un arbitrage, et on a fait le choix de ne parler d’aucun dérivé du vin, quel qu’il soit. »

Pour autant, l’assure Laurence Chesneau-Dupin, qui se voit un peu, en raison de son parcours, comme l’ambassadrice du cognac à Bordeaux, le spiritueux sera abordé à la Cité du vin à travers des conférences, des débats, des questions d’actualité, ou des films documentaires, parce que « ça fait sens ».

L’absence du cognac à la Cité du vin de Bordeaux serait-il dû à un manque de réactivité des Charentais aux prémices du projet ? « Nous avons pris quelques contacts au tout début, lorsque tout était encore à définir, se rappelle Laurence Chesneau-Dupin. Il y a eu quelques rencontres avec le BNIC, le négoce, les acteurs du tourisme. Le projet avançait au pas de charge, et Cognac n’est pas revenu vers nous. Tout s’est donc arrêté là, même si plusieurs personnes à Cognac ont manifesté, à titre individuel, un intérêt pour le concept. Je dirais qu’il y avait un intérêt réciproque qui n’a pas pu être concrétisé, et nous nous sommes donc limités au vin stricto sensu. »

Une version que conteste formellement Jean-Bernard de Larquier, président du BNIC : « Le cognac, via le BNIC, a très clairement et depuis le départ demandé à être intégré à la Cité du vin. Et ce jusqu’en février dernier, date à laquelle se mettaient encore en place des partenariats avec les vignobles français et des possibilités de participation à la programmation. Nous n’avons jamais reçu de signe positif ni ressenti une volonté forte d’aboutir coté bordelais. »

D’après la directrice de la culture, « il reste une carte à jouer pour le cognac », à travers la plate-forme œnotouristique, présente au rez-de-chaussée de la Cité du vin et pilotée par l’office de tourisme de Bordeaux. Ce comptoir destiné aux visiteurs de la Cité désireux de se rendre sur les vignobles proches ou plus éloignés de Bordeaux, leur fournira tous les renseignements pratiques. « Il n’est pas trop tard pour se manifester », estime Laurence Chesneau-Dupin. Pas sûr que cette seule plate-forme comble les attentes des professionnels du cognac…

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Olivier Kollek

La Cité du vin de bordeaux :

« Nous ne voulions pas d’un Vinoland pour divertir le public, explique Olivier Kollek, directeur marketing de la Cité du vin. Dès les premières discussions sur le concept, la dimension internationale et grand public de la Cité du vin était acquise. La visite est disponible en huit langues. Le contenu du parcours permanent se base sur la valeur patrimoniale du vin, on remonte aux origines. Nous n’avons pas voulu nous positionner comme un musée du vin, le risque étant d’avoir trois objets qui se battent en duel… Nous voulions des dispositifs innovants et expérientiels. Les technologies en elle-même sont connues, mais c’est l’assemblage de ces différentes technologies qui est unique. »

  • 13 350 m² de surface totale répartis sur 10 niveaux
  • 3 000 m² de parcours permanent immersif, sensoriel et interactif avec 20 modules thématiques
  • 720 m² dédiés aux expositions temporaires
  • Un auditorium d’une capacité de 250 places
  • Un restaurant panoramique au 7e étage
  • 3 ateliers de dégustation dont un espace polysensoriel
  • Des ateliers pédagogiques pour le jeune public
  • Des espaces accessibles sans billet d’entrée : bar à vins et snack (avec terrasse), boutique des vins du monde et de produits dérivés, centre de ressources, plateforme œnotouristique, relais vers les vignobles de Bordeaux et d’ailleurs
  • Ouvert 7 jours sur 7, fermé le lundi de novembre à mars
  • Entrée du parcours permanent : 20 euros, réservation en ligne, billet horodaté les trois premiers mois.

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