Maladies de la vigne : l’esca-lade ?

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Le vignoble français (750 000 hectares au total), génère une richesse colossale. Les vins et spiritueux étaient, en 2012, le deuxième secteur excédentaire français à l’export, avec un solde positif de 7,5 milliards d’euros. Mais ce vignoble doit faire face à des maladies qui entament significativement sa production, dans une relative impuissance, pointent les députés Catherine Quéré et Jean-Marie Sermier dans leur rapport d’information sur les maladies de la vigne et du bois présenté en commission à l’Assemblée nationale en juillet dernier.

Le développement constant, depuis 20 ans environ, des maladies les plus dangereuses pour la vigne, c’est-à-dire celles qui s’attaquent au bois, l’esca¹ et la flavescence dorée en tête, inquiètent beaucoup de monde sur le terrain. On parle régulièrement d’un milliard d’euros de perte pour la filière viti-vinicole française. Pour autant, regrettent les auteurs du rapport, « aucune étude globale sur les pertes de production et sur les pertes financières n’est disponible ».

Dans le vignoble cognaçais, on estime simplement qu’en 2000, le nombre de ceps improductifs était d’environ 6 %. En 2013, il dépasse 13 %, dont 9 % de ceps morts. « L’analyse faite dans le cognaçais montre cependant des résultats précis, qui mettent en évidence une baisse des rendements à partir de 2005. La rotation lente des stocks crée un effet de mévente qui ne se fera ressentir progressivement que dans une dizaine d’années, mais il faut tenir compte du fait qu’aujourd’hui la demande est d’ores et déjà supérieure à l’offre. Si rien n’est fait, la baisse du rendement fera donc sentir pleinement ses effets de manière différée mais inéluctable », alertent les deux députés.

Les solutions face à ces maladies sont insatisfaisantes : traitements phytosanitaires polluants allant à l’encontre des directives actuelles prônant au contraire leur réduction, arrachage non indemnisé, etc.

Il paraît donc indispensable d’augmenter les moyens attribués à la recherche scientifique, qui, insistent les députés, a besoin de crédits sur le long terme : « C’est bien la discontinuité des allocations publiques qui est l’une des causes de l’écart entre recherche et attentes des professionnels. »

Evoquant dans leur rapport l’appel à projet Hennessy sur les maladies du bois de la vigne, les rapporteurs estiment que « la recherche ne saurait reposer uniquement sur une activité décidée spontanément par une marque ou une partie de la profession dans une zone limitée, même si le commanditaire y a un intérêt économique, mais qu’elle doit se faire « hors les murs » et doit également mobiliser, de façon continue, tous les acteurs et les moyens publics. On ne résoudra pas les problèmes actuels sans une réelle coordination des moyens de recherche au niveau national. »

« La diversité des organismes et des financements masque une insuffisance notoire de moyens budgétaires, qui conduit soit à s’en remettre à la recherche privée, soit à rechercher des financements, mais comme le dit l’un des chercheurs rencontrés : « Le temps passé à la recherche de crédits est du temps perdu pour… la recherche ». »

Catherine Quéré et Jean-Marie Sermier souhaitent donc « très fermement qu’un appel à projets spécifique soit lancé pour la lutte contre les maladies du bois en 2016 et doté des moyens nécessaires. » Affaire à suivre.

¹ Depuis l’interdiction, en 2001, de l’arsénite de sodium, il n’existe aucun traitement efficace contre l’esca.

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