L’anniversaire en bleu

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Louis Bertignac, le 3 septembre 2015 au château de Chanteloup, près de Cognac, pour les 300 ans de la maison Martell

2015 restera une année particulière pour le monde du cognac, avec deux de ses plus grandes maisons de négoce célébrant en grande pompe des siècles d’existence. Après une fête fastueuse donnée au printemps dernier au château de Versailles, la maison Martell a célébré récemment, sur ses terres cette fois, ses 300 ans d’existence.

Le château de Chanteloup à Cherves-Richemont (16), propriété de la maison au martinet, a accueilli le 3 septembre dernier 3 200 personnes, dont beaucoup de ses viticulteurs-livreurs.

L’invitation calligraphiée, la mention « tenue de cocktail » pour le dress code, le lieu choisi, le parking établi sur la base aérienne 709 de Cognac, avec à la clé de nombreux contrôles, les surprises concoctées par l’organisation, tout concourrait à rendre l’événement exceptionnel.

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Dans le parc du château de Chanteloup près de Cognac, 3200 personnes réunies pour les 300 ans de Martell

Des buffets avaient été dressés dans le parc où l’on pouvait se régaler de bouchées salées et sucrées. Les invités ont pu assister aux démonstrations de voltige de la patrouille de la BA 709 au son d’un grand orchestre, puis à un majestueux feu d’artifice, avant la prestation d’un Louis Bertignac en grande forme sous l’immense chapiteau déployé à l’arrière du château.

En voici un extrait :

[Effectivement, je ne suis pas vidéaste, et mon matériel est un peu sous-dimensionné pour ce type de prise de vue, mais n’est-ce pas l’intention qui compte, finalement, cher(e) lecteur(rice) ?]

A la sortie de la fête, le groupe Pernod Ricard (qui détient Martell) étant engagé dans une démarche en faveur d’une consommation d’alcool responsable, chaque conducteur était invité à souffler dans un éthylotest avant de rejoindre sa voiture. Quelques mètres devant moi, un viticulteur d’une trentaine d’années, qui avait apparemment refusé de souffler, manifestait tout haut son mécontentement : « On sait ce qu’on a à faire ! Est-ce qu’on vient nous emm… sur nos tracteurs ?! », tonnait-il, entouré de ses proches. Avant de lâcher, théâtral : « Nous, on est des paysans ! »

Je me suis dit que cette dernière phrase, prononcée à la volée à une heure avancée de la nuit, en disait long sur les rapports qu’entretiennent la viticulture et le négoce cognaçais. D’un côté, des « paysans » viscéralement attachés à leur terroir, et assez éloignés des paillettes, et de l’autre, des négociants cultivant avec application les codes du luxe pour entretenir le prestige du spiritueux charentais à travers le monde. Deux milieux différents donc, et pourtant très dépendants l’un de l’autre.

J’ai aussi repensé à cette jeune femme m’expliquant ce qui l’avait poussée à travailler dans l’univers du cognac. Elle aimait, disait-elle, ce spiritueux produit « les pieds sur terre et la tête dans les étoiles ». Exactement ce qui fait la complexité du cognac.

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